Quand la greffe permet de retrouver la parenté
du cornus ‘Bonacchiensis'

 

Semis de hasard
    obtenu dans les années 90    
par le pépiniériste italien
Danilo Bonacchi.

Historique p 20 et 21,
et description page 165
de la monographie
d’André Gayraud
.

Edition Giorgio Tesi

 

 

En matière de greffe, « on ne progresse que par la réussite, jamais par l’échec ».

 

Voici le contre exemple du cornus ‘Bonacchiensis' :

 

 

 

J'ai demandé à l'IA (Gemini) :
 


Bien que les feuilles soient sèches, saurais-tu me dire de quel cornus il s’agit ?

Il s'agit très vraisemblablement du Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea).

Voici les indices clés observables sur ces photos :

  1. Les bourgeons nus (sans écailles) et pubescents :
    Le bourgeon terminal pointe directement sans être recouvert d'écailles dures ou
    d'enveloppes protectrices (écailles de bourgeon). Il est recouvert de petits poils fins et
    sombres (pubescence), une caractéristique typique de Cornus sanguinea.

  2. La disposition opposée :
    Les feuilles et les bourgeons sont disposés de façon strictement opposée par paires le long
    de la tige.

  3. Pilosité et texture des feuilles :
    Même si les feuilles sont desséchées, on aperçoit une fine pubescence (petits poils) sur la
    face inférieure et les tiges/pétioles.

  4. Distinction avec d'autres espèces proches :
     
    • Le Cornouiller mâle (Cornus mas) possède des bourgeons floraux très
      renflés/arrondis et des bourgeons à bois pourvus d'écailles bien visibles (non
      complètement nus et foncés/velus comme ici).
    • Le Cornouiller blanc / stolonifère (Cornus alba / sericea) présente des tiges plus
      lisses et des bourgeons de teinte différente.

 


Son port et sa taille ne sont pas ceux du cornouiller sanguin

Si la taille est imposante (un arbre de plusieurs mètres à port dressé ou étalé) et élimine
définitivement le cornouiller sanguin, il peut s'agir de Cornus macrophylla.

Voici pourquoi cette possibilité devient très pertinente :

Sur la branche observée, combien de paires de nervures compte une feuille bien étalée ? Si tu en
trouves au moins 6 à 8 paires, cela confirmera définitivement Cornus macrophylla.

 
 

 


Voici la photo du revers des feuilles. Est ce que ça te permet d’affiner l’identification ?

Oui, absolument ! Cette photo du revers des feuilles est l'élément de preuve définitif qu'il nous
fallait. Elle confirme de manière indiscutable l'hypothèse de Cornus macrophylla.

Voici pourquoi, en se basant précisément sur ce que l'on voit :

  1. Le nombre de paires de nervures (le critère le plus fort) :
    C'est la méthode de comptage que j'avais évoquée précédemment. Si vous comptez les
    nervures secondaires qui partent de la nervure centrale sur la feuille la mieux conservée
    (celle de droite), on en dénombre clairement 6 paires bien marquées, voire une 7ème très
    discrète près de la pointe.

  2. L'aspect glauque et la pubescence :
    Le revers de la feuille est d'un vert grisâtre, terne (glauque), contrastant avec le vert plus
    soutenu du dessus (qu'on devine sur les bords enroulés). De plus, on voit une fine
    pubescence (petits poils) sur les nervures et le pétiole, ce qui est caractéristique de C.
    macrophylla.

Conclusion finale et validée :

Grâce à cette photo du revers montrant clairement les 6 paires de nervures, il n'y a plus aucun
doute. Il s'agit bien de Cornus macrophylla (le Cornouiller à grandes feuilles).

Le mystère est résolu :

 
 

 


J'ai photographié aujourd'hui même, l'arbre qui a souffert de la sécheresse

Oui, cette photo confirme totalement l’hypothèse de Cornus macrophylla.

Plusieurs éléments observés sur la structure globale de cet arbre viennent étayer ce diagnostic :

  1. Le port d'un véritable arbre :
    On distingue clairement un tronc unique, droit et robuste, qui se ramifie ensuite en
    charpentières érigées. C'est la structure typique d'un petit à moyen arbre arborant un port
    dressé pouvant dépasser 6 à 10 mètres de hauteur.

  2. La ramification et l'écorce :
    L'écorce du tronc et des grosses branches est foncée, rugueuse et gercée, caractéristique
    d'un sujet arboré mature. De plus, la couronne montre une ramification étalée de type
    "arbre", ce qui explique facilement la confusion visuelle initiale du jardin botanique avec
    Cornus controversa.

En associant le port de cet arbre, la disposition opposée des bourgeons, et les 6 paires de
nervures observées au revers des feuilles, tous les voyants sont au vert pour Cornus macrophylla.

 


Validation par André Gayraud :

Merci d’avoir éclairci la paternité de Cornus controversa ‘Bonacchiensis’ en Cornus macrophylla ‘Bonacchiensis’
son nouveau nom.

Danilo pensait que le papa était peut-être Cornus alba, ou Cornus amomum, les 2 Cornus avec des feuilles les plus larges.
Mais il n’a jamais pensé à Cornus macrophylla.

 


Est-ce que ça pourrait être cornus alba ?

Non, cela ne peut pas être Cornus alba.

Plusieurs critères physiques excluent définitivement Cornus alba (le Cornouiller blanc) :

  1. Le port et la structure :

  2. Les bourgeons :

  3. L'écorce des jeunes rameaux :

  4. Le revers des feuilles :

Cornus macrophylla reste le seul candidat qui coche simultanément la case du port d'arbre, des
bourgeons nus pubescents, des feuilles opposées à 6-8 paires de nervures et de la confusion
visuelle avec controversa.

 


Pourquoi pas cornus amomum ?

Non, ce n'est pas possible non plus.

Trois raisons majeures invalident cette piste :

  1. Le port et la taille (critère d'exclusion absolu) :

    .
  2. Les bourgeons d'hiver :

Toutes les preuves (tronc d'arbre, bourgeons nus, 6 paires de nervures au revers) continuent
d'orienter à 100 % vers Cornus macrophylla.

 

 

JF Bourlès